Foulard à l’école: la lamentable jonglerie du Conseil d’Etat

Une élève d’une dizaine d’années fréquente l’école tête couverte. L’Exécutif genevois tente désespérément de défendre le foulard et l’égalité.

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A l’école… comme au centre islamique

 

La députée PDC Anne-Marie Von Arx-Vernon a posé une question urgente au Conseil d’Etat à propos d’une fillette d’une dizaine d’année qui porte «un voile islamique, vraisemblablement de type indonésien» dans une école genevoise:

 «A quel moment le DIP va-t-il considérer que c’est une atteinte à l’intégrité d’une fillette de porter un voile islamique et de la mettre en situation de discrimination vis-à-vis des autres camarades de même âge?»

Le Conseil d’Etat passe par les méandres et contradictions habituels. Il rappelle d’abord «la plus grande attention» qu’il porte à cette situation. La suite est classique:

  • Rappel de la règle : « …le port de signes religieux ostensibles par les élèves est toléré pour autant qu’il n’empêche pas la bonne intégration de l’élève dans son école… » Et à condition que ce port ne crée pas de petschi et ne soit pas «une mise en danger de l’élève». Hélas, il l’est, et gravement!

 

  • On médite quelques secondes, le temps de se souvenir que c’est Martine Brunschwig Graf lorsqu’elle était conseillère d’État qui est à l’origine de cette règle, dont elle est très fière. Elle s’entrainait à son futur job à la tête de la Commission fédérale contre le racisme, devenue championne des démissions islamophiles.

 

  • «L’objectif est que tous les élèves suivent l’ensemble des cours et participent à  la vie de l’école, afin de favoriser leur intégration.»  Favoriser l’intégration, ce n’est pas enseigner l’égalité et les valeurs de la Suisse, c’est «suivre l’ensemble des cours».

 

  • L’Exécutif qui vient de rappeler l’une de ses concessions majeures à l’intégrisme et qui le sait, tente de rassurer: «Les écolières voilées (…) sont particulièrement suivies… » Une prise en charge conduite «sous l’angle pédagogique», par le dialogue, notamment avec les parents.  Les autorités demandent ainsi aux enseignants de résoudre un problème qu’elles ont rendu insoluble.
    Elles ferment les yeux sur l’entrainement de ces filles à la ségrégation, leur refusent ce rare espace de liberté et d’égalité que représente l’école, encouragent la vision d’un corps sexualisé qui pourrait susciter la concupiscence des garçons, leurs camarades.

  • «L’école est un lieu d’émancipation par excellence» où l’on milite pour «la promotion de la mixité et de l’égalité entre hommes et femmes». Un rappel de ce qui fut et n’est plus. Le foulard islamique, exclusivement réservé aux filles, est discriminatoire. Il rappelle que dans la culture musulmane, elles doivent se conformer à des critères de pudeur dont les hommes sont dispensés. Dans cette conception, il faut regarder une écolière d’abord comme une musulmane et pas comme une élève à l’image des autres.
    C’est le contraire de l’émancipation et de l’égalité.

 

  • Le Conseil d’Etat signale l’existence de «Gardez le lien», dispositif qui «sert à lutter contre les extrémismes violents». Un lien entre foulard et extrémisme… et de plus violent? Quel aveu!

 

  • Dernière profession de foi : « L’école continue de miser sur le dialogue pour promouvoir l’intégration et la lutte contre les discriminations. Introduire cette lutte est parfaitement indécent dans ce contexte.

Rappel: après ou avec le foulard, il faudra dialoguer à propos de la burqa, du travail sans foulard si c’est à l’État, des situations impudiques où l’on côtoie des hommes, de se faire soigner par des femmes, de refuser de serrer la main des hommes, de se procurer du halal, de refuser des jobs où l’on vend de l’alcool et du porc…

Et comme le dialogue fonctionne assez peu chez ce genre de croyants obnubilés, enseignants et autorités abdiqueront en regardant avec tristesse cette religion sexiste et bigote s’imposer à notre société, entre autres grâce au foulard.