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Tir croisé sur les médias mainstream

  • Tir croisé sur les médias mainstream

    23 journalistes critiquent la presse bienpensante et ses vilains penchants. J’ai choisi quelques postures qui m’ont frappée et quelques absences qui m’ont frustrée.

    Romaine Jean, Pascal Décaillet, Raphaël Pomey, Guy Mettan, Myret Zaki.

    Je le précise en préambule, je ne fais pas partie des contributeurs. Mais je me sens un peu concernée: j’ai eu l’intuition que la Révolution islamique était un événement majeur pour la planète et depuis lors, j’ai beaucoup lu, beaucoup cherché, beaucoup appris, beaucoup écrit sur l’islam. Trois livres, quelque 600 articles dans un blog de la Tribune de Genève. Des lectures, des interviews, des recherches, notamment sur la Suisse, 6000 visiteurs uniques par mois. Et le religieux silence des médias, y compris lorsque je leur signalais un scoop.

    Dans l’ode à la diversité de l’ouvrage paru chez Favre, on ne peut pas dire que c’est le souffle de la jeunesse qui nous parle. Beaucoup des 23 journalistes qui affirment leur profession de foi ont entre 50 et plus de 70 ans. Disons que le défilé des années et l’observation des changements leur donnent une certaine légitimé.

    Tous sont effrayés par le conformisme, la censure, des articles semblablement orientés. En cause: un même moule de formation, la peur du jugement des pairs, des normes qui se muent en dogmes.

    De nombreux contributeurs développent leurs critiques à propos du sujet qui les concernent, voire les obsèdent. En vedette, le coronavirus, l’Ukraine et la soumission aux USA.

    Pascal Décaillet tranche dans des propos un rien répétitifs. Le créateur de Léman Bleu est le seul à énumérer clairement «la liturgie de l’uniformité»: «Tous pour l’Ukraine, tous pour Zelensky. Il y a un quart de siècle, tous pour l’OTAN, tous contre les Serbes. Tous pour Obama. Tous pour Biden, tous contre Trump. Tous pour Macron, tous contre Marine. Tous contre Orban. Tous contre l’UDC. Tous pour Kohl contre la RDA (…). Tous pour le libre-échange, tous contre le protectionnisme. Tous pour le multilatéral, tous contre les nations. Tous contre la souveraineté. Tous pour le féminisme. Tous pour le climatisme.»

    Les 22 autres auteurs ignorent pour la plupart ces sujets. D’où un certain doute sur ce grand désir de pluralité.

    Pour Décaillet, la presse s’agenouille «devant les gourous de la modernité passagère où règnent sans partage les questions de genre, la « déconstruction », les « injonctions» (…) «Ce doux parcours, où tous parlent la même langue, comme dans la Révélation d’une Pentecôte…»

    Le style de ce texte, de loin le plus brillant, fait des étincelles.

    J’ai toujours admiré l’indépendance d’esprit de Décaillet, bien qu’il ait suivi ses pairs dans l’ostracisme qui m’a frappée. Les rédactions n’aiment pas ceux qui dérangent. L’un d’eux me l’a dit à propos d’un de mes articles: «Si je propose ce sujet, non seulement il sera refusé, mais je serai définitivement catalogué.»

    Au vernissage du livre, Slobodan Despot a affirmé devant la centaine de journalistes présents à propos de la pandémie: «Nous avons vécu un moment de nazisme!» La moitié de la salle a applaudi.

    Pour Slobodan, Julian Assange, «le plus grand journaliste du XXIe siècle», a fort bien fait de dénoncer les méfaits des USA. Il incrimine aussi «l’alignement inconditionnel de Berne sur les décisions de l’OTAN et son empressement à sanctionner sévèrement la Russie».

    Catherine Riva et Séréna Tinari célèbrent aussi Julian Assange et font une description apocalyptique de la presse en temps de pandémie: «Les journalistes assumaient une tâche ignoble: jouer les flics pour le ministère de la Vérité. Les journalistes ont montré qu’ils avaient le pouvoir de rendre folle une large partie de la société». Et citant Assange: «Il faudra alors se demander: ne serait-on pas mieux sans eux ?» A quoi répondent les autrices : «Si les choses restent telles quelles, la réponse est: oui, sans aucun doute.»

    Les USA dans le viseur

    L’accusation de soumission aux USA est un autre leitmotiv de nos auteurs et Myret Zaki est à ce titre emblématique. Elle nous apprend par exemple qu’«émettre une opinion négative sur les USA (…) est devenu communément tabou sous prétexte de guerre russe».

    … «les lignes éditoriales penchent pour l’idéologie atlantistes» alors qu’«adopter le recul nécessaire sur les agissements américains des dernières années, sur l’idéologie atlantiste, ses guerres et crimes de guerre, est un point de vue indispensable…».

    Selon elle, les médias se sentent tenus d’appuyer le pouvoir, de «défendre l’ordre public» ou défendre certaines «valeurs» ou encore un certain «ordre occidental».

    J’avoue que chaque fois que je vois le mot «valeurs» entre guillemets concernant l’Occident, je frissonne: quelles autres valeurs que celles qui fondent les démocraties abandonner et/ou ajouter?

    Selon la journaliste économique, «de moins en moins d’enquêtes visent les pouvoirs établis et les grandes entreprises…» Ce sont ces sujets qu’elle traite abondamment, aussi bien dans son activité journalistique que dans ses livres.

    Cet «autre» qu’on aimerait tant si on le connaissait mieux!

    Dans le genre «Connaissons les autres cultures et tout ira beaucoup mieux», Zeynep Ersan plaide: «Oui, il faut tendre le micro à son lointain (…) Se mettre dans la peau de l’autre», l’écouter pour soigner notre ethnocentrisme. Pour l’instant, selon Ersan, nos visions des cultures russe, turque, iranienne, arabes ou chinoises sont de «grotesques caricatures aux narratifs tendancieux».

    Romaine Jean donne un exemple de ces caricatures:«N’a-t-on pas abusé de stéréotypes et de clichés faciles pour parler de l’islam et des musulmans?»Ce que j’ai appris et que j’observe chaque jour me fait répondre non, chère Romaine. Et ce que subissent les pays d’Europe, la panique qui les saisit à l’idée que telle déclaration ou observation pourrait fâcher ces communautés désormais fort nombreuses le confirme.

    Mais j’approuve cent fois cette remarque: «Jamais les possibilités de s’informer n’ont été aussi vastes. Je fais aussi mon marché sur le net. Et j’y trouve la diversité que je recherche.»

    Dans le genre «comprenons les autres», Enza Testa fait fort. Selon elle, la représentativité doit être celle des groupes sociaux, ethniques et culturels. Comme si la même origine, la même communauté dictait les mêmes idées. Elle souhaite former les rédactions à l’inclusion et à l’équité, les sensibiliser aux risques de stéréotypes ou de discrimination, leur rappeler le respect des droits fondamentaux… bref, ce que les médias mainstream ressassent chaque jour.

    «La diversité, c’est être seul», développe Guy Mettan, 43 ans de journalisme au compteur. Russophile patenté (on ne lui reproche pas), détracteur de notre millénaire russophobie («Russie-Occident, une guerre de mille ans»), il semble avoir beaucoup souffert.

    Pourtant, résistant parmi les résistants, il a réussi durant ses 20 ans de direction du Club suisse de la presse à vaincre (je résume) les attaques, dénonciations, insinuations calomnieuses, pressions et organisations de boycotts «lorsque des ONG et des victimes dénonçaient des crimes et des guerres…»

    La guerre lancée contre l’Ukraine et l’impossibilité pour les médias d’intégrer sa réflexion fait redoubler son esprit critique. 

    Nicolas Jutzet a une idée: créer en Suisse romande un média qui couvre le centre-droit et la droite, «une sorte de mélange entre la NZZ, le Nebelspalter et la Weltwoche».

    Et ce que les médias aiment tant appeler « l’extrême droite »? On ne sait pas. Nicolas Jutzet ni aucun des affamés de pluralité ne mentionne l’une des rares voix de droite, «Les Observateurs», qui dispense des informations qu’aucun autre média ne donne.

    Le manque de diversité par omissions est un des beaux-arts des médias. Et peut-être bien de nos 23 apôtres.

    Le camp du Bien, effrayé par le «populisme» qui progresse, se mue de plus en plus en mouvement totalitaire. Un indice: Reporters sans frontières, censé militer contre l’enfermement de journalistes pour délit d’opinion réclame la suppression de CNews, chaîne d’information dissidente, pour… délit d’opinion.
    (image plus haut: Pascal Praud, Christine Kelly, Mathieu Bock-Coté, trois vedettes de cette chaîne).

    Raphaël Pomey, créateur du Peuple (titre un peu rassis) ne rejoint pas le lamento de ses confrères. Dans les médias où il a travaillé, il s’est senti libre: «Navré pour le manque de romantisme, mais je n’ai jamais été persécuté pour mes opinions.» Il est catholique, conservateur, et le dit. Il adore débattre, mais trouve assez peu de débatteurs pour lui porter la contradiction. A gauche, l’entre-soi règne.

    Un titre de droite est forcément «d’extrême droite». L’étiquette a été collée sur «Le Peuple» dès son lancement. Aujourd’hui, la reconnaissance de sa qualité est en expansion.

    Loin des enjeux

    Il est d’autres enjeux, mortels pour notre civilisation, qui laissent de marbre nos amateurs de diversité.

    Si certains critiques se félicitent que «le Sud» s’élève contre l’Occident, ils veulent ignorer que ce Sud le fait à l’aide de vieilles rengaines sur l’esclavage et  la colonisation (des seuls Blancs bien sûr) et d’une rancœur qu’entretiennent de calamiteuses gouvernances. Mais le souhait partagé par des dizaines de millions de ces citoyens du Sud, c’est tout de même d’aller s’installer au « Nord ». Ils se joindront au chœur des détracteurs de nos sociétés, dont leurs alliés « de souche ».

    La moitié de la planète, davantage peut-être, honnit l’Occident, les démocraties et leurs valeurs. La « Cancel culture » complète le travail de destruction.

    Ces croisés des autres cultures ignorent la persécution des chrétiens, la persistance des lois misogynes et discriminatoires des pays musulmans, l’implantation de l’islamisme en Europe. Quant aux centaines de milliers de mutilations sexuelles dues pour une part très majoritaire aux sphères musulmanes, elles ont disparu des radars médiatiques.

    Pour lutter contre leur ethnocentrisme, les journalistes pourraient aussi s’intéresser à une ethnie très proche, celle qui peuple les organisations internationales. Les dérives de l’ONU manipulée par la forte majorité des tyrannies qui la composent, l’obsession d’Israël et les méthodes crapuleuses du Conseil des droits de l’homme, voilà quelques sujets d’enquêtes faciles qui rendraient nos plumitifs moins enclins à rabâcher les propos hypocrites d’un secrétaire général à Gaza qui n’a d’yeux que pour la Palestine.

    Les institutions internationales promeuvent un islam bigot et intolérant avec une sorte d’acharnement. Car oui, l’enjeu du futur est aussi l’islam. L’immixtion des Frères musulmans dans la sphère publique est facilement observable et les abominations du 7 octobre ont renforcé cet islam radical grâce à l’appui des islamo-gauchistes qui pullulent.

    Tout récemment, le parlement bruxellois a autorisé un imam à psalmodier une sourate du Coran en son sein. Quant au Réseau suisse évangélique il invite ses ouailles à « aimer son prochain » par 30 jours de prière pour «le monde musulman». Deux récents exemples de l’Occident en pleine phase de soumission.

    Apparemment, le pouvoir du Sud et l’afflux de ses citoyens, la suppression d’Israël et l’impérialisme de l’islam rendraient le monde heureux.

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