L’école et l’islam selon Obin il y a 16 ans

Rien de tel que le rappel de ce rapport pour constater à quel point l’État français est resté inactif, alors que des réalités effrayantes sont déjà en plein développement.

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Ce rapport de Jean-Pierre Obin sur les écoles des quartiers «sensibles» est une illustration des problèmes infinis et incroyables que posent des musulmans dès qu’ils sont en nombre important, et du degré saisissant d’endoctrinement des enfants et des jeunes. Les professeurs et les autorités scolaires ont été mis devant des réalités sidérantes, qu’ils n’avaient pas vu venir. Chez beaucoup, le désarroi et la confusion dominent, certains transigent avec les principes ou choisissent le relativisme. A la question: êtes-vous aidés sur ces questions par vos inspecteurs?, «la réponse a été partout un non sonore et sans appel». La réponse ne serait pas très différente aujourd’hui, même si quelques appuis ont été créés pour les enseignants.

En effet, qu’ont fait les autorités, qu’ont proposé les grands médias? Elles/ils ont passé de démissions en capitulations, laissé s’étendre les revendications, l’incapacité à relativiser ses dogmes, la haine de la France. Tout s’est aggravé.

Jean-Pierre Obin et son équipe ont scruté 61 collèges et lycées publics «sensibles». L’auteur craint en 2004 que ces plaies ne s’étendent à l’ensemble du pays. Elles se sont étendues en France, mais aussi dans l’ensemble des pays occidentaux.

Certains quartiers sont déjà décrits par des interlocuteurs comme «tombés aux mains» des religieux. Et de remarquer une tendance qui depuis s’est constamment confirmée: «la montée en puissance du phénomène religieux dans les quartiers, notamment chez les jeunes.» Des jeunes plus pieux, plus radicaux, qui proposent une nouvelle identité, positive et universaliste, aux communautés musulmanes.

Les régressions côté femmes

«C’est sans doute le côté le plus grave, le plus scandaleux et en même temps le plus spectaculaire de l’évolution de certains quartiers… (…) Il faut avoir vu ces femmes entièrement couvertes de noir, y compris les mains et les yeux, accompagnées d’un homme, souvent jeune, parfois un pliant à la main pour qu’elles n’aient pas à s’asseoir sur un endroit «impur».

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Cette affirmation est un hadith de Mahomet.
Approuvé par l’islamiste allemand Pierre Vogel.

Il observe la prolifération des fillettes voilées, la surveillance dont font l’objet les adolescentes, la dureté des prescriptions: maquillage, jupes et robes interdits, pantalon sombre, tunique qui doit descendre suffisamment bas pour masquer toute rondeur. «Dans tel lycée, elles enfilent leur manteau avant d’aller au tableau afin de n’éveiller aucune concupiscence.»

Dans beaucoup de collèges, les vêtements et les mœurs des filles «sont l’objet d’un contrôle général». Dans certains établissements, les jupes et les robes sont «interdites». Des garçons punissent les récalcitrantes, le plus souvent à l’extérieur de l’établissement mais parfois aussi dans l’enceinte des collèges, jusqu’à des gifles, coups de ceinture, tabassages.

Partout, la mixité est dénoncée, traquée.

«Les cas de fillettes voilées semblent également se développer, de même que l’observance du jeûne (…) et le refus de la viande non consacrée à la cantine.» A l’école primaire déjà, on observe des refus de chanter, de danser, de dessiner un visage, de jouer d’un instrument. Les conflits avec les parents se multiplient, notamment à propos du niqab. «Une école a dû organiser un «sas» sans fenêtre ou la directrice peut deux fois par jour reconnaître les mères avant de leur rendre leurs enfants.»

«L’obsession de la pureté est sans limite». On trouve par exemple des robinets de toilette dont l’un est réservée aux musulmans, l’autre aux «Français». Un responsable musulman demande des vestiaires séparés, car «un circoncis ne peut se déshabiller à côté d’un impur».

 

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Un changement depuis 2004: de plus en plus de femmes
adhèrent à leurs discriminations.

Le comportement des autorités académiques fluctue selon les époques entre «le souci d’éviter tout conflit et surtout toute couverture médiatique, et la volonté de s’opposer aux atteintes à la laïcité.»

Des tribunaux administratifs annulent certaines exclusions pour port du voile.

Des récits de « discussion et de compromis sont proprement ahurissants (…): ici on a négocié la couleur du foulard, là sa taille, ici il s’est agi de découvrir le lobe de l’oreille, là de laisser voir une mèche de cheveux, ici on l’a interdit en classe mais pas ailleurs, là ailleurs mais pas en classe…»

La nourriture et les fêtes

Les restaurants scolaires se sont adaptés, ils offrent une alternative à la viande de porc. Mais une nouvelle difficulté a surgi: «le refus par un nombre croissant d’élèves de consommer toute viande non abattue selon le rituel religieux… ».

Les élèves qui ne se conforment pas aux normes des pairs subissent une «stigmatisation agressive». Les demandes des familles pour de la viande halal se multiplient. Dans certains établissements, on a institué une ségrégation entre musulmans et non musulmans en composant des tables distinctes.

 

Autre source de conflit: le calendrier des fêtes. La fête de Noël est la plus contestée. Des familles demandent de supprimer le sapin et la fête, ce qui a parfois été obtenu. Les fêtes musulmanes sont l’occasion d’un absentéisme massif, sans autorisation, qui peut se prolonger plusieurs jours. Des élèves apportent leur tapis de prière durant le ramadan. La concurrence entre organisations aboutit à l’émergence de prescriptions de plus en plus draconiennes: «ainsi l’interdiction d’avaler le moindre liquide, y compris sa propre salive qui entraîne la pollution des sols par les crachats, et les refus de la piscine… (voir ce que préconisait une association fribourgeoise, et les démissions genevoises).

Les professeurs se plaignent de la fatigue de beaucoup d’élèves et les infirmières sont massivement sollicitées pendant le ramadan.

Le prosélytisme et le racisme

Pour réislamiser les populations, des groupes propagent des conceptions radicales de l’islam en s’appuyant sur des lectures littéralistes du Coran. Le ramadan est l’occasion d’un prosélytisme intense. Certaines familles de culture musulmane ne peuvent plus obtenir que leurs enfants fréquentent la cantine. Même le personnel, notamment d’origine maghrébine, est de plus en plus mis en cause sur le sujet. Certains établissements achètent la paix sociale en recrutant quelques «grands frères». Et l’entrisme se développe pour certaines fonctions: assistants d’éducation, instituteur, conseillers d’éducation

Antisémitisme et racisme: «Nous ne pouvons hélas que confirmer l’ampleur et la gravité» de ces problèmes: banalisation des insultes antisémites, menaces et agressions, généralement de la part d’élèves d’origine maghrébine. La situation du Proche-Orient et une sourate du Coran sont fréquemment invoquées. L’apologie du nazisme et de Hitler apparaît dans d’innombrables graffitis et parfois dans des propos tenus au personnel d’éducation. Le rapporteur relève «une stupéfiante et cruelle réalité: en France les enfants juifs – et ils sont les seuls dans ce cas – ne peuvent plus de nos jours être scolarisés dans n’importe quel établissement».

Un grand nombre d’élèves se sentent étrangers à la communauté nationale, opposant à tout propos «les Français» et «nous». Si on leur dit qu’ils sont Français «ils répliquent que c’est impossible puisqu’ils sont musulmans!». Leurs héros sont des adolescents palestiniens et les responsables des attentats de New-York et de Madrid. Le principal d’un collège a vu un car scolaire acclamant Ben Laden.

Dans la plupart des établissements visités, les minutes de silence suite aux attentats ont été contestées ou perturbées. Ils rejettent en bloc les valeurs de notre civilisation: «c’est sans doute là et de loin, l’aspect de nos observations le plus inquiétant pour l’avenir».

Disciplines contestées

Dans les disciplines sportives, beaucoup de conflits « tournent autour de la mixité, ou de la préservation de la «pudeur» des filles ». L’absentéisme et le refus de certaines activités sont de plus en plus fréquents, notamment en piscine et en plein air. Les dispenses et les certificats de complaisance se multiplient dans certains quartiers. Ces phénomènes explosent à la période du jeûne. Certains comportements révèlent les « conceptions obsessionnelles de la pureté » comme le refus de se baigner dans «l’eau des filles» ou dans celle des non-musulmans. Certains professeurs négocient et transigent. D’autres abandonnent les activités contestées.

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Celles-ci ne sont pas généralisées mais «on les retrouve à l’identique dans la plupart des régions»: contestation des philosophes des Lumières, surtout Voltaire et Rousseau, de même que les textes qui soumettent la religion à l’examen de la raison. Contestation encore des œuvres jugées licencieuses comme Cyrano de Bergerac ou favorables à la liberté des femmes comme Madame Bovary, ou des auteurs qu’on accuse de promouvoir la religion chrétienne comme Chrétien de Troyes.

Sans parler évidemment de la difficulté d’enseigner les textes fondateurs des grandes religions du livre. De nombreux élèves refusent que le professeur touche ou lise le Coran, refusent de lire eux-mêmes la Bible. Certains professeurs ont renoncé à cette partie du programme. Quant à l’histoire «elle serait globalement mensongère et partiale, elle exprimerait une vision «judéo-chrétienne» et «déformée du monde.» Tout est occasions de contestation à propos de l’histoire du christianisme, du judaïsme, de la chrétienté ou du peuple juif. Refus d’étudier la construction des cathédrales, d’ouvrir un livre sur un plan d’église byzantine ou encore d’admettre l’existence de religions préislamiques en Egypte ou l’origine sumérienne de l’écriture.

L’histoire sainte est à tout propos opposée à l’histoire. Cette contestation peut même se radicaliser lorsque sont abordés les croisades, le génocide des juifs, la guerre d’Algérie, la question palestinienne. «…en éducation civique, la laïcité est également contestée comme anti religieuse».

«La réaction la plus répandue des enseignants est sans doute l’autocensure»,  mais certains recourent au Coran pour tenter de légitimer leur enseignement.

Lorsque la reproduction ou l’éducation sexuelle sont traitées, des élèves s’absentent, refusent l’enseignement, des parents ne participent pas aux séances d’information. Raisons invoquées: «l’impudeur» des propos tenus, des images impudiques, et parfois leur caractère superflu puisque «les musulmanes restent vierges».

De nombreux jeunes enseignants se réfugient dans le relativisme, en présentant par exemple la science comme une croyance parmi d’autres.

L’organisation des sorties scolaires est un autre sujet de conflits à propos de la participation des filles, surtout si la classe dort à l’extérieur. Des parents demandent la non-mixité de l’encadrement et une nourriture respectant leurs interdits religieux. Beaucoup de professeurs ont abandonné ces projets.

De nombreux élèves contestent la visite de musées, de lieux de mémoire, d’œuvres architecturales, de cathédrales, etc. Là encore, beaucoup de professeurs transigent soit en rendant la visite facultative, soit en y renonçant. Certains tentent, textes religieux à l’appui, de montrer que les prescriptions religieuses permettent aux élèves de telles visites. D’autres demandent l’avis écrit d’une autorité musulmane.

Quartiers islamisés

Dans certains quartiers, des contre-sociétés closes sont apparues, dont les normes sont en décalage voir en rupture avec celle de la société. C’est «une identité de substitution qui se diffuse d’abord parmi les jeunes de la seconde ou troisième génération».

 Obin attribue en partie ces problèmes à la situation sociale des familles et des quartiers. Il préconise en cas de conflit «une volonté de dialogue et d’explication, mais jamais de transaction sur les principes ni de négociations sur les règles » de même que «des établissements où l’on ne tolère pas l’intolérable».

 «Pour trop de responsables, un établissement sans conflits est un établissement sans problèmes.»Obin y voit plutôt la règle inverse: c’est où l’on a transigé que «les dérives les plus graves et les entorses les plus sensibles à la laïcité» se sont produites. C’est une stratégie perdante face à «des adversaires rompus à la tactique et prompts à utiliser toutes les failles» et toutes les hésitations des pouvoirs publics.

Les enquêteurs estiment que ce qu’ils ont observé est la partie visible d’un phénomène «bien plus profond, dont l’évolution constitue vraisemblablement l’une des clés de notre avenir.»

 

Le rapport: http://cache.media.education.gouv.fr/file/02/6/6026.pdf

Récent livre de Jean-Pierre Obin: «Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école», septembre 2020.