1. Ferghane Azihari parcourt les mondes perdus de l’islam et le rôle de la religion
«L’Islam contre la modernité» est dans le top 10 des meilleures ventes d’essais. Son jeune auteur truste les plateaux TV et la galaxie médiatique et n’hésite pas à croiser le fer avec des théologiens de l’islam. La droite le célèbre, la gauche tend à l’ignorer. Cet ouvrage mérite bien trois articles dans ce blog.

Illustration d’après photo, Simon
Azihari: «Cet «islam des Lumières» dont les conteurs nous rebattent les oreilles est aussi illusoire qu’un stalinisme à visage humain.»
L’arriération de la sphère musulmane est un des thèmes de cet essai. Et le passif est lourd: l’islam s’est approprié des pays infiniment plus développés que lui, il est resté fermé à l’altérité des peuples et des cultures qu’il a conquis, il a inventé et développé les traites négrières, mais n’a pas réussi à supprimer l’esclavage qui s’est maintenu jusqu’au XXème siècle. Aucun mouvement civil ne s’est développé, contrairement à l’Occident où de vastes mobilisations ont conduit à renoncer à cette pratique. C’est grâce aux colonisateurs qu’elle a fini par disparaître du monde musulman.
Les spécialistes de tout et surtout de rien l’assurent, notre société est raciste. Pire: elle témoigne à l’égard des musulmans d’un «racisme systémique», expression plus frappante et désormais largement préférée au terme d’islamophobie. Les auteurs de la récente étude du puissant Centre suisse islam et société (CSIS) consacrée au «Racisme antimusulmans en Suisse» ne dérogent pas à la nouvelle règle.
Les auteurs suisses s’efforcent de montrer que nous discriminons de mille manières ces hôtes qui par millions ont fui leurs sociétés pour gagner les nôtres et y déployer leurs obscures croyances. L’offensive est en bonne voie et les «parts de marché de Mahomet» en pleine expansion.
Dans l’étude suisse en question, les mots Coran et Allah sont curieusement absents, donc aussi les imprécations et menaces du saint livre contre tous ceux qui n’ont pas choisi le bon sentier, chrétiens et juifs en particulier. C’est là que s’abreuvent «les croyants» à diverses formes de misogynie, d’intolérance, de rites parfois absurdes, de communautarisme.
Et c’est nous qui sommes taxés par la cohorte des «Nouveaux historiens» de racistes, de colonialistes et d’esclavagistes. Peu importe que la Suisse n’ait pas pratiqué ces traites d’êtres humains, l’ensemble de nos chercheurs font des efforts passionnés pour nous prouver à l’aide d’histoires de quelques personnalités qui ont trempé dans le commerce d’esclaves et la colonisation, que nous sommes… systémiquement racistes. Le CSIS croit le prouver en faisant défiler dans son étude 75 pages de discriminations.
Kamel Daoud : Ferghane Azihari face au vide intellectuel camouflé en antiracisme

Ferghane Azihari, Français né de parents musulmans comoriens ne croit religieusement à rien sinon aux beautés qui existaient avant l’apparition de l’islam, ces cultures bien plus développées que cette religion s’est appropriées et a fait disparaître à jamais. «L’islam contre la modernité» s’appesantit en particulier sur les sociétés ensevelies par cette doctrine prédatrice.
Claude Lévi-Strauss s’en étonnait : «L’islam me déconcertait (…) par son souci de fonder une tradition qui s’accompagne d’un appétit destructeur de toutes les traditions antérieures.»
L’auteur le rappelle : l’Orient n’a pas toujours été musulman. «L’islam gagnerait à ouvrir les yeux sur le cataclysme que fut l’irruption des disciples de Mahomet, qui l’ont dérobé à des mondes plus raffinés.» L’islam est apparu au carrefour de civilisations «dont la splendeur et le souvenir sont enfouis sous le désert». Ces mondes, Azihari les célèbre, les décrit comme en rêve.
Une grande partie des musulmans estiment aujourd’hui comme hier que toute la vérité figure dans le Coran, que rien n’y a été négligé, que son message est indépassable. Ce livre saint, observe l’auteur, est lié à des «prescriptions attribuées à un Bédoin illettré du VIIème siècle». Et de considérer que les textes fondateurs du saint livre sont un condensé de violence, de haine et d’atteintes à la dignité humaine. Et de citer moults études et enquêtes qui témoignent que nombre de musulmans sont encore convaincus de leurs saintes divinités.
Pour les peuples conquis, les musulmans n’ont ressenti que mépris. Ils «ne peuvent se targuer d’avoir éprouvé pour les Européens le dixième de la curiosité que ces derniers ont cultivé pour l’Islam» ou pour d’autres civilisations. Ils ne se sont pas entre autres intéressés à d’autres langues que l’arabe.
Mahomet n’est pas un modèle. «Penser que la grande histoire de l’Orient aurait comme point d’aboutissement, la révélation d’un Bédouin esclavagiste est, pour le moins insensé. Et rien n’est plus attentatoire à la dignité de l’Orient et de l’humanité, que les commentaires condescendants qui voient dans la prétendue révélation coranique, telles que les musulmans l’ont inventée, un texte admirablement adapté aux besoins et aux conditions du moment».
Exactions, revendications, expansion
C’est dans les sociétés non musulmanes que les musulmans bénéficient des droits les plus appréciables et de la vie la plus facile. Les combattants de l’islamophobie n’y voient pas de problème.
Le paradoxe: les exactions dues à l’islam ont favorisé son expansion dans nos sociétés. «Jamais, on n’a vu autant d’établissements musulmans, de voiles, de barbus, de produits halal, de revendications, de librairies, d’écoles, de prières de rue et d’incursions islamiques dans les entreprises et les services publics, que depuis que les images de décapitations, de flagellations, de lapidations, de lynchages, de persécution et d’attentats commis par des musulmans aux quatre coins du monde, sont accessibles à tous.».
L’auteur rappelle que la sphère musulmane et ce qu’on appelle désormais «Le Sud global», rassemble un groupe qui comprend une «quantité disproportionnée de régimes tyranniques» où la liberté et l’égalité «relèvent de la science-fiction».
L’une des plus importantes inégalités, nul, ne le contestera, concerne les femmes. Aux récits évangéliques dans lesquels Jésus sauve une femme de la lapidation, «les musulmans opposent un prophète qui décapite, pille des caravanes, et autorise un nombre illimité d’esclaves sexuelles».
«Jamais en Occident la polygamie n’a été autorisée. En Orient, au contraire, elle a toujours été permise.»
Au paradis, les hommes seront gâtés question libido, mais sur terre déjà, ils peuvent se régaler des délices charnels avec quatre épouses et autant d’esclaves qu’ils en possèdent.
En matière de témoignage, les femmes sont réduites à une demi-portion pour cause de nature légère. Même demi-mesure pour l’héritage. Le Centre islam (CSIS) a consacré une stupéfiante étude à ce sujet destinée à montrer que la flexibilité du droit suisse permet aux musulmans qui le souhaitent de disposer de leur héritage comme ils ou elles l’entendent.

A Neuchâtel, les historiens ont découvert plusieurs personnalités, dont le négociant David de Pury (photo statue) qui ont participé à la traite et à diverses formes de prédations en Afrique. Pury a beau fait d’importants dons à son canton, sa statue a failli être déboulonnée et un vaste mouvement a mis en cause les agissements de « l’esclavagiste ». A aucun moment pourtant, les traites négrières n’ont été rappelées.
Pour en revenir à l’héritage inégal, des imams ont été interrogés par les chercheurs. Conclusion: «La plupart se rattachent à une approche classique(…) qui est aussi l’approche la plus répandue dans les pays musulmans. Cette catégorie considère que le Coran est la parole d’Allah, éternelle et établie une fois pour toutes, qu’il se caractérise par la justice et la perfection divine, et que ses règles ne devraient par conséquent tout simplement pas pouvoir être modifiées ou ignorées par les humains.»
Parole aux statistiques
Retour sur le présent. Azihari a ausculté nombre d’études et de statistiques. La plupart témoignent d’une religion encore arriérée par rapport aux standards occidentaux.
Question égalité hommes-femmes, presque tous les pays musulmans se trouvent dans la moitié inférieure des classements. Parmi les 20 pays les plus touchés par le mariage de filles mineures, la moitié sont musulmans. Ces pays sont aussi les plus pratiquants des mutilations génitales féminines.
À la question de savoir si une femme doit obéir à son mari, 56% des musulmans de France répondent par l’affirmative. Une grande majorité, les jeunes surtout, jugent les lois de leur religion, plus importantes que le droit de la société qui les a accueillis.
L’homosexualité est punissable dans deux tiers des pays musulmans. Excepté l’Ouganda, la totalité des pays où l’homosexualité est passible de mort sont musulmans.
L’apartheid de genre est de rigueur : pour un non musulman, il est interdit d’épouser une musulmane. Cette pratique est encore très répandue dans nos sociétés et plus encore respectée dans les pays musulmans. Au Maghreb, par exemple, un couple mixte ne peut dormir dans la même chambre.
Le chercheur américain, Jonathan Fox, note que 63% des minorités religieuses les plus persécutées au monde, vivent dans les pays musulmans. Il relève que : «les niveaux moyens de discrimination religieuse dans les Etats musulmans sont environ quatre fois plus élevés que dans les Etats à majorité chrétienne».
Antisémitisme: plus d’un musulman sur deux pense que les juifs ont trop de pouvoir dans la politique, l’économie, les médias.
Les juifs ont été expulsés du monde musulman par centaines de milliers au cours du XXe siècle.
De nombreuses autres enquêtes montrent qu’une grande partie des musulmans ont encore beaucoup à faire pour rattraper nos standards. Mais ce qu’ils aiment par-dessus tout, c’est traiter les populations qu’ils côtoient de racistes et se sentir leurs pauvres victimes.
Les musulmans qualifient la période préislamique d’âge de l’ignorance et prétendent en guise d’exemple qu’on enterrait les petites filles vivantes à leur naissance, pratique à laquelle Mahomet aurait mis fin. Rien ne le prouve. En fait, les femmes occupaient souvent des situations enviables dans la vie économique. Selon la fable musulmane, la première épouse de Mahomet, Khadija , était d’ailleurs une femme d’affaires prospère «avant que le prétendu prophète ne commence sa funeste prédication.»

premier empire perse. Il fut gouverné par Cyrus II et ses successeurs. Il s’agit d’un des plus grands empires ayant existé durant l’Antiquité.
«Chaque prodige, né dans le monde musulman, nous commande de pleurer les talents, 1000 fois plus nombreux, qui auraient vu le jour, si l’Orient n’avait pas succombé aux sirènes de Mahomet, et si les conquérants arabes s’étaient fondus dans les cultures indigènes au lieu de les remplacer.»
Ferghane Azihari
«L’Islam contre la modernité», éd. La Cité, 330 pages, bibliographie 50 pages