3. Ces merveilles de la culture antique dédaignées par l’islam

Ferghane Azighari songe aux merveilles de l’Antiquité, à Palmyre, aux sciences, à la philosophie, aux théâtres et à leurs tragédies. Extraits depuis la page 35 de son livre «L’Islam contre la modernité».

Fresque byzantine de St André, une des plus anciennes de Crète, une des merveilles disparues de l’Antiquité

«Dans leurs songes, les Yéménites reverront les champs d’aromates et les volutes d’encens qui faisaient la gloire de leurs terres, avant que les Houthis n’y plantent leurs funestes drapeaux et que leurs missiles remplacent les fragrances sacrées.

Beyrouth renaîtra dans leurs mémoires comme un phare du droit, où les juristes romains affûtaient leur esprit, avant que la ville ne devienne, sous la coupe du Hezbollah, une ombre de son passé. Ils pleureront Palmyre, ses théâtres gigantesques où résonnaient les tragédies les plus émouvantes, où les enfants de l’aristocratie récitaient les fables d’Esope en compagnie des statues de marbre, avant que les ténèbres de Daesh ne viennent profaner ses pierres.

L’Egypte, berceau de la sagesse, redeviendra dans leurs récits la gardienne de la bibliothèque d’Alexandrie, ce sanctuaire où convergeaient les savoirs du monde, avant que le Frère Mohamed Morsi n’y fût porté par les urnes.

Démosthène, 4ème s. av. J.-C., l’un des plus grands orateurs de l’Antiquité.

Ils se remémorent avec fierté les Arabes, qui donnèrent à Rome des empereurs et des impératrices, tels Philippe l’Arabe ou Julia Domna. Ils chanteront l’Arabie d’antan, mère de royaumes juifs et chrétiens, alliés de l’Éthiopie, de la Perse et de Byzance, où Justinien, ébloui par la vaillance d’Aréthas, l’éleva au rang de phylarque. Les Nabatéens reviendront, bercer leurs visions, avec leurs caravanes chargées de myrrhe et leurs cités taillées dans la roche, où l’architecture rivalisait avec la poésie. Il se rappelleront le Qatar comme le foyer d’Isaac de Ninive, ce saint qui prêchait la charité pour toutes les créatures dans un monde où la compassion semblait encore possible.

Les amphithéâtres d’Athènes, où le rhéteur arabe Callinicos croisait le fer avec son rival et compatriote Genethlius, remplaceront la Mecque dans le cœur des pèlerins. Il en ira de même des dunes du Néguev, où l’on murmurait les vers de Virgile tandis que les maximes d’Épicure résonnaient dans les rues d’Apamée. Au cœur de cette Afrique que le poète Juvénal désignait comme la mère des avocats les plus éloquents, Carthage vibrera à nouveau dans leurs souvenirs comme un carrefour des poètes, des musiciens et des philosophes les plus brillants de la civilisation latine, où l’on discutait du haut de l’acropole de Byrsa et son imposant forum, des leçons de Cicéron pour qui la liberté sans l’égalité n’est qu’un mirage, avant de s’empoigner sur les élections des futurs magistrats.

Julia Domna, impératrice romaine née en Syrie vers 160, épouse de Septime Sévère.

Ils se souviendront de Timgad, en Algérie, où le sénateur Marcus Iulius Quintianus Flavius Rogatianus, dans un élan de générosité, dota la ville d’une bibliothèque somptueuse, refuge des âmes assoiffées de savoir, en même temps qu’elle rivalisait avec les autres cités africaines pour ériger les plus beaux monuments. Antioche, que Libanios qualifiait de «Athènes de l’Orient» rejaillira dans leurs récits comme un marché d’idées et de merveilles, où affluaient les soieries, les épices et les plus belles marchandises du monde.

Ils célébreront Mavia, cette reine catholique arabe qui défendit l’orthodoxie contre l’empereur arien Valens, avant de voler au secours de Constantinople face aux Goths, quand ils n’étaient que de vulgaire barbares païens. Ils verront le roi Abraha commander à des artisans byzantins, la construction d’une cathédrale splendide sur les rives de l’Arabie. Ils entendront les louanges. d’Abdiso de Merv, métropolite qui annonça la conversion de 200’000 Turcs au christianisme, et d’Ahoudemmeh, l’ecclésiastique qui portait la bonne nouvelle aux tribus arabes. Ils se rappelleront les Tanukhides, ces farouches résistants aux légions de Mahomet, et les Ghassanides, dont la cour, parée de myrte et de jasmin, résonnait des chants grecs, tandis que leurs souverains, entourés de vases d’or et d’argent emplis d’ambre gris et de musc, s’enivraient de poésie. Juba II, roi, berbère, imprégné de culture gréco-latine, renaîtra dans leurs contes comme un érudit dont l’intelligence illuminait les rivages de Maurétanie.

Palmyre, en Syrie.

Ils reverront les petits écoliers de Tripolitaine, assis à l’ombre des oliviers, lisant les poèmes d’Homère, leur voix fluette, portant l’Iliade jusqu’aux cieux. Ils exhumeront les écoles qui initiaient leurs enfants à la grammaire à l’aide de la prose de Démosthène en lieu et place de ces établissements coraniques qui polluent leur esprit. Ils envieront les bourgades romaines de leurs ancêtres, ceintes de vignes et constellées de gracieuses demeures en briques aux sols parés de mosaïques, où les fresques murales magnifiaient les scènes bibliques les plus célèbres, avant d’être englouties par les légions de Mahomet.

Cicéron, avocat, homme politique et philosophe romain.

Ce jour-là, l’Orient, éveillé de son long sommeil pleurera les siècles perdus, mais dans ses larmes brillera l’espoir d’un renouveau. Ses peuples déterreront alors le temps béni où ils étaient mariés au monde hellénique  dont ils ont été séparés après la tragique expropriation facilitée par les épidémies, catastrophes naturelles et conflits qui ont affaibli la Perse et l’Empire romain. Cette même expropriation que le Hamas loue lorsqu’il espère que l’islam éliminera Israël, «comme il a éliminé ce qui l’a précédé».

Ce ton dédaigneux vis-à-vis des civilisations remplacées par l’Islam n’est-il pas la preuve la plus éclatante de l’abrutissement dans lequel il plonge ses adeptes?

(…) A rebours de la légende qui célèbre le geste de Cyrus le Grand pour avoir autorisé les Judéens déportés en Babylonie à reconstruire leur temple dans leur patrie, les vociférations qui appellent à la destruction d’Israël depuis Téhéran sonnent comme un avertissement. Elles rappellent à quel point la civilisation est un mouvement réversible.

Rien n’est plus évident que le constat que les partisans de Mahomet ont confisqué le génie de l’Orient.

(…) Il faut être insensible pour ne pas se scandaliser de cette Mésopotamie, qui vit la réintroduction de l’esclavage sexuel par l’État islamique plusieurs millénaires après qu’elle eut inventé l’écriture, l’agriculture, la ville et les premières tables de loi. Il faut être de marbre pour ne pas pleurer cette Lybie ravagée par Kadhafi et les milices des siècles après que Théodore de Cyrène y manifestait son scepticisme envers tous les dieux, tandis que son compatriote Eratocthène mesurait la circonférence de la Terre. Il faut être d’une insoutenable légèreté pour s’accommoder de cette Algérie engluée dans la tyrannie 1500 ans après que saint Augustin fustigeait les royaumes sans justice comme de vastes réunions de brigands.»

«Souhaitons à nos amis musulmans qu’ils se demandent à leur tour à quoi ressemblerait notre monde si Mahomet n’avait jamais quitté sa grotte.»