Au coeur des manifestations iraniennes

Témoignage bouleversant d’un Iranien vivant en Allemagne, désespéré par les multiples exemples de cruauté des Gardiens de la Révolution durant les dernières manifestations.

Le sanguinaire Khamenei

Téhéran, jeudi 8 janvier 2026 à partir de 19h30. Je suis allé voir l’appel à la manifestation lancé par le fils du Shah Reza Pahlavi à 20h. Je me suis dirigé vers Vanak square, qui est un nœud important de la capitale. C’était assez calme, y avait une centaine de personnes regroupées par 10-15 personnes autour de la place, qui scandaient des slogans.

J’ai commencé à descendre depuis Vanak square en direction du Sud, par l’avenue Pahlavi (ancien nom), actuellement Valiasr, vers le milieu tout à coup j’ai vu une foule qui venait depuis le sud en direction du Nord vers Vanak Square. Les manifestants scandaient des slogans très forts et la foule était très dense: on ne voyait pas la fin du cortège. Je pense qu’il pouvait s’étendre sur 3 à 4 km et comprenait 20’000 à 30’000 personnes.

Les manifestants n’étaient pas du tout agressifs. Rien à voir a avec les scènes de casses des antifas ou autres (les arabes de Paris). Les voitures qui montaient la rue Pahlavi étaient coincées dans une seule voie réservée aux bus, ce qui créait un boucan,car ils s’étaient mis à klaxonner. Entre les slogans et les klaxons, c’était le brouhaha total.

Vers Vanak square, les gardiens de la révolution/bassiji se sont mis à lancer des grenades lacrymogènes, ce qui fut moins agréable, mais authentique… Les gens ne se sont pas dispersés et ils ont commencé à scander encore plus fortement. Après avoir bien respiré le gaz lacrymogène, je suis rentré. Depuis le temps que je n’avais plus senti l’odeur et les effets de ce gaz, c’était un retour à l’enfance, 1978-1979… autre temps autre révolution et aujourd’hui j’assiste à la contre-révolution. Pour demain 20 heures, il y a aussi un appel à manifester. Je pense que cette fois les gens seront encore plus nombreux.

Téhéran, vendredi 9 janvier 2026

Aujourd’hui, on m’a proposé d’aller avec d’autres dans la Rue Yusef Abad (Seyed Jamal Edin Assabadi). Hier, le 8 janvier à partir de 20h, le gouvernement avait coupé toutes les communications: internet, téléphone mobile. jusqu’au lendemain 9 janvier 2026 vers 8h du matin. Même le fixe semblait ne pas marcher . C’est ici qu’on voit à quel point l’islam rend bête et que le musulman ne réfléchit pas et que les ayatollahs sont des tyrans comme l’a été leur cher prophète psychopathe. En coupant l’internet, l’énervement et la détermination ont été encore plus forts. Les gens s’embêtaient chez eux: combien de fois peut-on regarder en boucle les mêmes nouvelles sur les chaînes satellitaires? Donc qu’est-ce qu’on fait ? On va sortir dans les rues pour prendre l’air… Ceci malgré les nombreuses menaces reçues par SMS.

Les SMS ne fonctionnaient pas pour les gens simples, mais on recevait à tort et à travers les SMS venant du guide infâme, Khamenei : le discours très important du guide suprême de la Révolution sur les débordements, à suivre à 19h et 22h sur la première chaîne TV. Ou d’autres de la police.

« Vu les groupuscules terroristes et armés qui ont sévi dans quelques regroupements hier soir et leur dessein de tuer et notre ferme intention de les contrer afin de ne pas permettre les manifestations, nous recommandons aux familles de bien surveiller leurs enfants et la jeunesse. En un mot, on vous a à l’œil et on vous tuera.

Ces messages ont eu pour effet que même les parents ont décidé de se joindre aux manifestations du vendredi soir.

Le début du spectacle était prévu à 20h. Vers 19h45 on s’est retrouvés avec deux autres personnes à l’angle de la ruelle 17 et Yusef Abad. Il y avait de la foule mais pas énormément, me semblait-il. Mais tout à coup, venant des ruelles qui débouchent des deux côtés de la rue Yusef Abad, des groupements de gens se sont déversés et, en 2 minutes, une foule dense s’est formée sur la route et les trottoirs, s’étalant de la 10e rue à la 40e rue. A la louche, on peut dire qu’il y avait 10’000 personnes au moins, des habitants du quartier.

Les personnes âgées étaient assises au bord de la rue et scandaient les slogans que leur filles, fils, petites-filles ou petits-fils chantaient dans la rue : اینآخریننبردهپهلویبرمیگرده « C’est la dernière bataille, Pahlavi sera de retour ». In Akharin Nabardeh, Pahlavi Bar Migardeh. امسسالسالخونه،سیدعلیسرنگونه « Cette année est celle du sang, Seyed Ali (Khameni) sera déchu. » Emsal sale Khuneh, Seyed Ali SarNeguneh دلهایماخونیه،رهبرماکونیه Delhaie Ma Khunieh, Rahbare Ma Kunieh « Notre cœur est plein de sang, notre guide est un enculé. » جاویدشاه « Javid Shah,Vive Le Roi! »

Je sais ce que la plupart pensent : est-ce que ça valait la peine de faire une révolution islamique en 1979 contre le shah pour aujourd’hui réclamer le retour de son fils ? Je suis affirmatif. La république islamique a été une bénédiction pour que les gens se rendent compte à quel point l’islam et les religions en général sont là pour créer de la peur (de l’au-delà) et contrôler la pensée des gens.

L’islam devait contrôler, ses suppôts avaient surtout un but politique et l’enrichissement d’une catégorie d’hommes et de leurs proches. La liste est trop longue pour citer les méfaits de l’islam. Aujourd’hui plus de 80% des gens en Iran sont devenus laïcs et ceci grâce à la république islamique et les lois islamiques. Personne ne se méfie assez, en Occident, de toutes ces demandes de la part des musulmans de porter le voile à l’école, d’interdire le porc dans les cantines scolaires ou les société privées, ainsi que des tribunaux de la sharia, notamment à Londres, qui sont la référence pour les musulmans britannniques (et pas les lois); un jour tout ceci mènera à une pseudo république islamique qui sera comme DAESH en Syrie et bientôt il sera trop tard pour les contrer.

Retour à la manifestation : les manifestants brûlaient des containers de poubelles et ont arraché les panneaux de circulation avec des barres métalliques pour casser les caméras des banques qui filment la rue. A aucun moment les manifestants ne se sont attaqués aux magasins ou commerces pour les brûler. Les sbires de la république islamique dans certains quartiers ont mis le feu à des banques et commerces pour ensuite accuser «les forces du mal organisées par le régime sioniste, les forces du mal de Trump et Pahlavi».

Au bout de 20 minutes, les forces de Bassiji qui venaient depuis le sud ont lancé des grenades lacrymogènes ce qui a fait se disperser la foule dans les rues menant à la rue Yusef Abad, qui est montée par les rues parallèles direction Nord pour revenir à nouveau sur la rue Yusef Abad et redescendre vers l’intersection Yusef Abad et la rue Pahlavi (Valiasr). A nouveau, la police a lancé des grenades lacrymogènes et a tiré sur la foule avec des balles réelles à plomb. De nouveau le même schéma, on se disperse et on revient. On était dans un quartier de bourgeoisie moyenne de Téhéran; dans les quartiers plus au sud de la ville, les manifestations étaient beaucoup plus virulentes et même au Nord de la ville. Il y a eu des manifs aussi dans les quartiers des fortunés du régime. Quant aux villes de Province, il y a beaucoup de nouvelles disant que les Gardiens de la révolution ou Bassiji ont pris la fuite.

Maintenant, le dilemme reste : rétablir internet, ne pas le rétablir? Que faire ? Les soutiens du régime sont désespérés, car ils savent que les jours des ayatollahs sont comptés et que tous ne pourront pas fuir à Londres, Toronto, Moscou ou Karbala (Iraq) et ceux qui resteront se feront lyncher au propre comme au figuré et ceux qui partiront à l’étranger ne seront pas non plus en sécurité.

En espérant qu’un changement de régime en Iran mettra fin aussi à l’islamisation sournoise qui se passe en Occident.

Téhéran, samedi 10 janvier 2026. Ce soir-là, la foule était moins nombreuse, mais tout aussi déterminée. Les Bassiji étaient de sortie et ils frappaient tout le monde avec des bâtons, ils fusillaient en usant de balles réelles et de chevrotines.

Beaucoup de gens ontété frappés , dont moi. J’ai reçu 5 ou 6 coups de bâton au dos et à la tête, mais sans gravité. Les Bassiji ont clairement peur des gens, car beaucoup d’entre eux se sont fait tuer par les manifestants dans les villes de l’Ouest de l’Iran. L’avantage de recevoir des coups de bâton est qu’à chaque coup, la détermination et la haine envers le musulman et son cri de Allah Akbar (=Heil Allah=Heil Hitler), l’islam, le coran et même la langue arabe augmente et se multiplie par 100.

Désormais, je me considère à 2000% anti-islam, anti-musulman et anti-coran et je n’ai plus aucune pitié pour ces gens-là et leur pensée fasciste. J’ai été témoin de personnes tuées entre 7 et 77 ans par les ayatollahs musulmans et leur sbires bassiji. Ceux-ci ont assassiné sans remords, pitié ou le moindre geste humain et se sont ensuite attaqués aux hôpitaux pour tuer les blessés, prendre leurs corps en otage et les monnayer avec les familles.

Comment voulez-vous considérer les musulmans autrement que comme des êtres abjects, nourris à la haine et sans pensées du lendemain ? Le nombre de récits que j’ai entendus des personnes autour de moi qui ont eu frères, sœurs, neveux, nièces, filles, fils, petit-fils et petit-filles etc… qui ont été abattus sont abondants. Dans certains cas, les Bassiji tiraient à balles réelles sur la personne qui venait au secours de celui ou celle qui était tombé par terre, blessé par chevrotines. Ils visaient surtout la tête, la nuque et le visage. Il est difficile d’imaginer ensuite que les proches doivent aller dans une grande salle ou un hangar où les corps sont entassés, dans le meilleur des cas dans un sac noir, comme une vulgaire ordure qu’on veut jeter. Un spectacle terrifiant: regarder les corps un par un avec des visages éclatés par balles, la nuque, des bras et jambes cassés, des corps pleins de bleus… Regarder les corps sans vie un à un, ne sachant pas s’il faut espérer voir son être cher parmi les morts ou garder un espoir minime pour qu’il ou elle soit encore vivant.

On regarde les corps comme on regarderait des sacs de pommes-de-terre, mais à chaque regard, la blessure devient plus profonde et la haine encore plus grande. On trouve son être cher, mais pour emporter le corps, il faut payer rubis sur ongle «le prix de la balle», c’est-à-dire entre 200 et 400 millions de tomans (env. 1400 à 1800 USD) par balle réelle tirée dans le corps du défunt. En ce qui concerne les meurtres par chevrotine, le prix se fera selon entente. Si la famille n’a pas d’argent, on leur demandera de fournir une photo passeport pour fabriquer une fausse carte d’identité bassiji ou gardien de révolution pour ensuite déclarer que le défunt était un gardien acquis à la cause de l’islam et que les sales sionistes juifs et les sales Américains ont tué un brave Bassiji.

Si les familles refusent d’être complices, pas de corps, et le défunt sera vite expédié dans un camion avec d’autres corps qui n’ont pas pu être payés pour être enterrés en secret dans une fosse commune. Les familles qui pleuraient de désespoir et de rage étaient menacées de mort et les cérémonies de deuil interdites, sous peine de prison ou «mort accidentelle».

Les milices pro-régime de Hashd-Al Shaab, et du Hezbollah avaient fait une vidéo et ils promettaient la mort à tous les infidèles iraniens, pour que le règne du « juste islam » soit conservé. Et à celui qui me dira que j’ai tort en comparant les musulmans aux fascistes-nazis, l’islam au nazisme et le coran à Mein Kampf, je ne perdrai pas une seconde pour répondre à ce genre d’imbéciles et d’idiots utiles (Bernard Henri Levy, les chefs des partis socialistes et verts, etc…).

Il est vrai que, désormais, une aide extérieure est nécessaire pour mettre fin à ce fascisme-nazisme arabe, car les mollahs détiennent les armes et paient les sauvages pour assassiner tout en sachant que leurs jours sont comptés, mais qu’importe, il y a toujours l’espoir de tuer suffisamment pour que la peur fasse taire comme Mohamed faisait taire ses opposants par le sabre et l’épée. Gare au jour très proche où ils ne pourront plus payer et ces mêmes sauvages (Bassiji/Gardiens de la révolution, milice arabe) se retourneront contre les ayatollahs et contre eux-mêmes avant de se faire lyncher et écarteler par un père, une mère, frère ou sœur dont l’être cher aura été sauvagement tué devant leurs yeux par les Bassijis ou autre milice.

Avant de quitter l’Iran, quelques nouvelles me sont parvenues, au compte goutte vue la surveillance téléphonique. Les conversations tournaient toutes autour du temps qu’il faisait : la ville de Rasht, au bord de la mer Caspienne, a été témoin de scènes de violences extrêmes commises par les Bassiji et les Gardiens de la révolution. Les Bassiji ont mis le feu au Bazar de Rasht, ensuite ils ont sécurisé les sorties de secours et toute personne qui essayait de fuir l’incendie a été abattue. On ne connaît pas le nombre de victimes. C’était le témoignage d’un ami de Rasht. Tout autour de moi, j’entends les personnes qui me racontent qu’ils ont eu un, deux, trois voire sept membres de leur famille, tués par les Bassiji. J’ai perdu le décompte. La plupart étaient âgés de 18 à 30 ans.

Que personne ne me dise qu’il faut avoir le pardon chrétien et ne pas avoir de haine envers les ayatollahs ou les Bassiji/Gardiensde la révolution. Ce sera terrible pour eux et tant mieux. La racaille musulmane mérite qu’on lui fasse la même chose. Bien sûr, en Occident, on continue à dire que «CE-PAS-ÇA l’ISLAM». Aujourd’hui la rage contre l’islam s’est transformée en haine contre l’islam et les musulmans. Tout le monde en Iran prépare le scénario pour aller tuer les Bassiji et venger son enfant, mort par balle ou à coups de matraque, et a dû payer ensuite entre 2000 et 10’000 dollars pour récupérer le corps sans vie, troué et défiguré de son être cher.

Aujourd’hui, le 19 janvier 2026, 17h : le nombre total de morts dépasserait les 16’000, les blessés 300’000 et le macabre comptage continue d’augmenter. Je n’ai qu’un mot, le courage et la bravoure de cette jeune génération qui a toute mon admiration. Leur civisme durant les manifestations pour venir à l’aide des uns et des autres. Leur dignité : on ne casse pas et on ne vole pas dans les magasins. On pleure en silence les morts et malgré tout cela, on garde la tête haute. Bravo !